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Témoignage de Madame Agnès GERBER – Directrice d’Action et Compétence :
« 85% des handicaps sont non visibles et 80% des placements de personnes handicapées sont réalisés dans les TPE/PME. Cela fait une quinzaine d’années que nous développons des actions de promotion en faveur de l’emploi des personnes handicapées. Au travers des témoignages des différents employeurs qui ont eu recours à l’embauche de personnes handicapées, nous avons recensé 5 motivations pour les employeurs d’agir sur la question du handicap :
· L’approche « business » qui est la résultante de l’obligation de quota et le versement d’une contribution. Cette approche amènent les employeurs à embaucher, à avoir recours à de la sous-traitance avec le milieu adapté et protégé, à signer des accords d’entreprises, … qui leur permettent d’atteindre tout ou partie de leur obligation de 6% et d’atténuer, voire annuler leur contribution.
· Les valeurs de l’entreprise : l’importance de certaines valeurs dans les entreprises permettent de considérer qu’intégrer des salariés handicapés est un acte facile et normal. Cette démarche est ainsi banalisée.
· Donner l’exemple, être valeur d’exemple c’est montrer que c’est possible !
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· La mise en œuvre d’une politique durable est également une porte d’entrée pour favoriser l’émergence d’une politique volontariste en faveur du handicap. Cette politique est impulsée par les RH.
· Le paradoxe des difficultés : à la fois faire le constat du déficit de compétences dans les recrutements et de l’autre, ouvrir le recrutement aux personnes handicapées permet d’élargir le champ du possible.
La majorité des employeurs qui ont recrutés des personnes handicapées confirment l’intérêt de la démarche, affirment qu’embaucher une personne handicapée n’est pas compliqué et attestent de l’importance de communiquer sur cette expérience. Les conseils que préconisent les employeurs sont les suivants : positiver le handicap, qui peut être considéré comme une « opportunité » pour la personne car il l’amène à se réorienter, à acquérir de nouvelles compétences. Ne pas parler du handicap si cela n’est pas nécessaire afin de ne pas stigmatiser. Se renseigner, aller au devant de l’information, car la méconnaissance reste encore le principal frein et banaliser le handicap dans l’entreprise par l’humour.
Au travers de toutes expériences, je retiens que la question du handicap est une question qui fédère, qui amène à des rencontres multiples, dans tous les secteurs et qu’elle oblige au consensus. La question de l’intégration d’une personne handicapée est d’abord une question d’ouverture d’esprit. On assiste à un double mouvement : à la fois un accueil humaniste pour certains et une appréhension de ceux qui arrivent dans l’entreprise et de ceux qui les accueillent. Dans tous les cas, ces aspects soulèvent la question du temps, nécessaire pour intégrer une personne handicapée, la question de la culture de l’entreprise et celle de la détermination. Cette nécessaire détermination, que l’on soit handicapé ou pas, s’apparente à l’école de la volonté. Car le constat est fait malgré tout, que le handicap dérange, toujours et encore, et que l’alchimie de la volonté et de l’humour (dédramatisation) amènent les esprits à progresser. Il ne faut donc pas avoir honte de sa détermination ! »
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