L’ALTERNANCE AVEC LES PERSONNES HANDICAPEES
L’alternance est un mode de recrutement qui permet aux employeurs de former des salariés à leurs métiers mais également de faire découvrir et participer l’alternant à la vie et à la culture de l’entreprise.
L’alternance se traduit au travers des contrats d’apprentissage et de professionnalisation. L’évolution des contrats en alternance est constante depuis 2005 même si l’on remarque une certaine stagnation ces dernières années liée à la crise économique.
La formule de l’alternance a prouvé son efficacité et attire de plus en plus de travailleurs handicapés. En 2012, 4000 personnes handicapées sont entrées en alternance dans des entreprises de toutes tailles. La formule permet de prouver à l’employeur que le handicap n’empêche pas les compétences de s’exprimer.
En cohérence avec les objectifs définis par l’État en matière de formation professionnelle,
l’Agefiph a fait de l’alternance des personnes handicapées l’une de ses priorités.
L’APPRENTISSAGE :
Si l’apprentissage s’adresse plus particulièrement aux jeunes de moins de 26 ans dans le cadre de la formation initiale c’est également un moyen de formation accessible aux personnes avec une reconnaissance de handicap
quelque soit leur âge. Elle peut ainsi permettre à un jeune handicapé de 32 ans ayant quitté le système scolaire à 18 ans de se repositionner sur un apprentissage et d’apprendre un nouveau métier.
L’apprentissage permet de préparer tout type de diplôme, du CAP au Doctorat et dans quasiment tous les domaines d’activité. Sa durée varie de 1à 3 ans et peut être prolongée d’1 an pour une personne handicapée.
Le contrat d'apprentissage est un contrat de travail de type particulier par lequel un employeur s'engage, outre le versement d'un salaire dans les conditions prévues par le titre, à assurer à un travailleur une formation professionnelle méthodique et complète, dispensée pour partie en entreprise et pour partie en centre de formation d'apprentis. L'apprenti s'oblige, en retour, en vue de sa formation, à travailler pour cet employeur, pendant la durée du contrat, et à suivre la formation dispensée en centre de formation d'apprentis et en entreprise.
Outre des
dispositifs d’accompagnement et
d’aménagement de poste (si besoin) pour l’apprenti ayant une reconnaissance de travailleur handicapé, l’Agefiph propose également depuis juin 2013 un certain nombre d’aides financières. En fonction de la durée du contrat ces aides varient de 1500€ pour un contrat de moins de 6 mois à 9000€ pour un contrat de plus de 30 mois. De plus si l’employeur désire pérenniser l’emploi et embaucher la personne sans délai entre le contrat d’apprentissage et un CDI ou un CDD d’au moins 12 mois, elle pourra bénéficier d’une aide de 1000€ à 4000€ selon les conditions.
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Exemple de bonne pratique : la Sté SPIE Est est une société qui propose des services aux entreprises et collectivités en génie électrique, climatique, mécanique, maintenance multi technique et télécoms. En 2009 l’entreprise recrute un jeune apprenti reconnu travailleur handicapé en vue de préparer un brevet professionnel d’électricien. Afin de sécuriser son parcours de formation, l’entreprise demande que Julien, qui est autiste, de bénéficier d’un accompagnement du SARAH (SACA, Service d’Accompagnement au Contrat d’Apprentissage, service défini et financé par l’Agefiph qui accompagne des personnes handicapées en apprentissage). Grace à sa persévérance et à l’implication de son équipe de travail, Julien a obtenu son diplôme et l’entreprise SPIE l’a embauché en CDI. |
LA PROFESSIONNALISATION :
Le contrat de professionnalisation s’adresse principalement à des personnes en formation continue qui souhaitent se qualifier ou se diplômer. Tout comme pour l’apprentissage, il s’agit d’une forme particulière de contrat de travail. Le salarié suit des cours d’enseignements généraux, professionnels ou technologiques et exerce dans l’entreprise des activités en relation avec la qualification ou le diplôme recherché. La différence avec l’apprentissage se situe dans le nombre des heures de formation dispensé, la durée du contrat et l’aménagement des modules de formation, adaptés au besoin de l’entreprise. En effet la durée règlementaire de ce type de contrat est de 6 à 12 mois et peut être prolongée à 24 mois selon les accords de branche. De même, pour le quota d’heure de formation qui doit être de 150h minimum.
Le financement de la partie pédagogique est pris en charge par l’OPCA dont dépend l’entreprise. Diverses aides de droit commun viennent alléger le coût de ce contrat, aide à l’embauche et aide forfaitaire à l’employeur peuvent être mobilisées selon les cas.
Pour le contrat de professionnalisation, l’Agefiph propose depuis juin 2013 des aides financières spécifiques.
De 1500€ pour un contrat de moins de 6 mois à 6000€ pour un contrat de 24 mois, cette aide s’élève à 7500€ pour les contrats à durée indéterminée.
Si l’employeur désire pérenniser l’emploi et embaucher la personne sans délai entre le contrat de professionnalisation et un CDI ou un CDD d’au moins 12 mois, elle pourra bénéficier d’une aide de 1000€ à 4000€ selon les conditions.
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Exemple de bonne pratique : Manuel 32 ans reconnu travailleur handicapé suite à un accident qui l’avait immobilisé pendant 2 ans, travaille depuis 2011 en alternance chez SUPERBA. Cette entreprise fabrique des machines pour l’industrie textile. Après avoir suivi une formation en logistique pendant 24 mois pour un titre de Technicien en logistique d’entreposage de niveau IV, Manuel continue par un second contrat de professionnalisation afin de passer le BTS Transport et Logistique. Manuel déclare que « l’alternance a été pour lui une chance de se professionnaliser et de prouver qu’il était capable, comme tout le monde de décrocher un diplôme ». |
Quelque soit le type de contrat en alternance, l’entreprise peut également mobiliser des aides au tutorat ;
formation du tuteur (1000€) et formation à la fonction tutorale (2000€) pour accompagner le salarié dans sa formation.
L’alternance avec une personne handicapée permet également à l’entreprise de s’exonérer pour partie de son obligation d’emploi.
L’alternance promet une double satisfaction : celle de l’employeur qui profite de formations professionnelles adaptées à ses métiers et donc un personnel compétent et formé. Celle des personnes qui, avec un statut de salarié, peuvent préparer une qualification ou un diplôme et être plus compétitifs sur le marché du travail.
Pour tous renseignements :
Cap emploi68-67 140, rue du Logelbach 68000 COLMAR
03.89.41.88.12 – info@capemploi68-67.com
SARAH 15 Place des Halles 67000 STRASBOURG
03.88.23.99.13 – sarah67@creaialsace.org